Aitana Bonmatí et Ousmane Dembélé, récipiendaires de la 69e édition du Ballon d’OrVia The Independent
Alaa Ettaouth
Staff Writer
Le 22 septembre dernier, la cérémonie très attendue du Ballon d’Or s’est déroulée au théâtre du Châtelet à Paris, récompensant ceux ayant brillé dans les plus grandes ligues du monde au courant de la saison 2024-2025 de soccer. Les nombreux fans ont pris plaisir à spéculer sur le gagnant de cette 69ème édition, même si, pour plusieurs, l’annonce n’était pas aussi surprenante que l’année dernière, où c’est Rodri, joueur de Manchester City, qui a empoché le grand prix Pour ma part, cela reste un mystère complet, à ce jour. Bien que j’avais toujours quelques poussières d’espoir en moi de voir Raphinha du club catalan FC Barcelone soulever le trophée cette année, c’est Ousmane Dembélé, attaquant clé du Paris Saint-Germain, qui s’est mérité l’honneur du côté des hommes. Pour ce qui est des femmes, Aitana Bonmatí, joueuse du FC Barcelone, a de nouveau raflé le trophée pour une 3ième année consécutive.
Écouter, regarder et lire toutes ses prédictions m’ont amenée à me poser plusieurs questions : pourquoi accorde-t-on tant d’importance à ce prix, d’où provient-il et surtout, est-il légitime ?
L’histoire du Ballon d’Or
Tout d’abord, le Ballon d’or a été introduit en 1956 par le magazine France Football, à l’initiative de quatre journalistes : Gabriel Hanot, Jacques Ferran, sous la supervision de Jacques Goddet et Jacques de Ryswick. Il était originellement destiné à récompenser le meilleur joueur détenant une nationalité européenne, excluant donc des légendes du sport comme Maradona et Pelé, respectivement argentin et brésilien. Ce n’est qu’en 1995 que la compétition ouvre ses portes aux joueurs de toute nationalité évoluant dans un championnat européen, et qu’en 2007, que le Ballon d’or abandonne toutes restrictions, offrant la chance à n’importe quel footballeur dans le monde de le remporter.
Ce n’est qu’à partir de 2018 que la cérémonie évolue enfin, en introduisant un Ballon D’or féminin (assez en retard pour une organisation d’une telle ampleur!), le trophée Kopa, récompensant le meilleur jeune joueur et la meilleure jeune joueuse de l’année. Un an plus tard, le trophée Yachine honore le meilleur gardien et la meilleure gardienne de but. Enfin, depuis 2021, le trophée Gerd Müller décore les meilleurs buteurs masculins et féminins en sélection, ainsi qu’en club.
Plusieurs autres prix ont été attribués comme le Club de l’année, le Prix Sócrates (pour mettre en lumière l’engagement social exceptionnel d’un joueur), le trophée Cruyff (le/la meilleur(e) entraîneur/euse d’une équipe masculine et d’une équipe féminine). Finalement, deux ballons d’or d’honneur furent attribués en 1995 et 2014 reconnaissant respectivement les incroyables saisons précédentes de Maradona et Pelé n’ayant pas été récompensées dû aux lois arbitraires de l’époque.
Pourquoi le Ballon d’or fait-il tant parler de lui?
Cette récompense d’envergure a souvent été remise en question par le public et les analystes sportifs, et cela pour des raisons qui touchent directement la procédure de sélection des gagnants. Durant un premier processus de sélection, les journalistes de France Football et de L’Équipe, deux magazines sportifs français, collaborent pour établir une liste de 30 nominés selon 3 critères : la performance individuelle, la performance collective (incluant les trophées d’équipe remportés) et la classe ainsi que le « fair-play » du joueur.
Ensuite, une délégation de 100 journalistes sportifs représentant les cent premiers pays au classement mondial de la FIFA sont retenus pour désigner un top 10, en se basant sur les mêmes critères.Ainsi, un certain nombre de points est attribué pour chaque position. Une procédure semblable désigne la lauréate du Ballon d’or féminin avec la seule différence étant le nombre de journalistes qui descend à 50. Finalement, le joueur et la joueuse ayant récolté le plus de points remportent le Ballon d’or.
L’interprétation des différents critères peut être vague et différer grandement d’un journaliste à l’autre. Plusieurs estiment que le fait même de donner la responsabilité d’élire les meilleurs joueurs de l’année à des journalistes, et non à des entraîneurs, anciens joueurs et autres professionnels, retire une part de légitimité à cette récompense. Lors de l’édition de 2018 ayant comme grand gagnant Luka Modric, joueur star du Réal Madrid à l’époque, un faux journaliste opérant sur un site journalistique inactif depuis six ans a même réussi à ajouter son vote, n’influençant cependant pas le résultat final. D’autre part, certains estiment que les performances collectives ne devraient pas avoir autant d’incidence sur le vote, allant jusqu’à exclure un joueur de la course dû à une équipe moins performante.
Et l’Oscar revient à…
On reproche souvent à cette compétition son manque d’objectivité, se reposant donc sur les vastes campagnes de publicité auxquelles les clubs peuvent participer pour mettre de l’avant un joueur spécifique, à la manière des Oscars, et laissant donc de côté les performances subjectives et les statistiques qui parlent souvent d’elles-mêmes. De plus, ce sont les joueurs attaquants et évoluant en milieux offensifs qui sont souvent favorisés au détriment de joueurs plus défensifs.
“Malheureusement, marquer des buts a un impact plus important sur l’imaginaire collectif que le travail monstre auquel les défenseurs s’adonnent constamment.”
Petite pensée à Achraf Hakimi, défenseur du Paris Saint-Germain, qui a mené son équipe tout droit vers la coupe de la Ligue des Champions, mais qui n’a pas été aussi reconnu qu’il le méritait…
Bien que la légitimité du Ballon d’Or puisse être remise en question, il reste un des prix les plus prestigieux du football. Espérons seulement que, dans les prochaines années, un vote du public soit instauré, donnant ainsi l’opportunité au gagnant d’être beaucoup plus représentatif et faisant bien plus d’heureux…



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